lundi 4 novembre 2019

La Marin des mers de Chine II (Jackie Chan, 1987)

Après avoir arrêté les pirates, Dragon Ma (Jackie Chan) est recruté par le commissaire Tung (Bill Tung) pour aider la police de Hong Kong. Adieu la marine, bonjour la ville et ses gangs qui infectent la vie des gens et corrompent les bonnes mœurs. Tung et sa hiérarchie soupçonne l’inspecteur Chun (Lin Wai) de corruption et de falsifier ses faits d’armes pour augmenter de manière fallacieuse les chiffres de la police.

Le Marin des Mers de Chine 2 commence justement par un cambriolage de banque commandité par Chun qui arrête les deux malfrats devant des journalistes qui prennent ce flagrant délit. Les deux voleurs ont été payés par Chun, ils reçoivent une petite somme. Parce que le banquier a eu une crise cardiaque, les voleurs tentent de s’échapper et Chun les abat et peut, provisoirement, passer pour un héros défenseur de la loi.

Chun tient trois quartiers et celui dont hérite Dragon est populaire et, en son centre, un établissement où la prostitution et l’opium ont pignon sur rue. Dragon veut arrêter le taulier mais les policiers (dont Ricky Hui et Kenny Bee dans des caméos) de son commissariat sont trop lâches pour l’accompagner. Ils veulent démissionner et Dragon doit mener l’assaut avec ses fidèles lieutenants : Mars, Tai Bo, Chris Lee et Ben Lam.

Tout ne se passe pas vraiment comme prévu, Tiger (Michael Chan), le patron ne se laisse pas faire si facilement. La première séquence de combats peut avoir lieu dans ce cabaret où Jackie Chan et ses cascadeurs vont virevolter les chaises et les tables. Ils montent sur le balcon en un saut et descende les escaliers sur le cul. C’est brillant, vif et d’une précision dans le style que Jackie Chan a inventé. Ici, ça consiste à détruire tout le décor de cet immense cabaret.

Le récit cherche une autre piste avec l’arrivée des personnages féminins. Le film se déroule au début du 20ème siècle quand la Chine subit les soubresauts des révolutionnaires qui veulent renverser l’empereur. Mademoiselle Pak (Rosamund Kwan) veut voler des bijoux chez le gouverneur pour acheter des armes. Son personnage rappelle celui de Brigitte Lin dans Pekin Opera Blues de Tsui Hark, on dénombre de nombreuses similitudes avec Le Marin des Mers de Chine 2.

Avec elle, Maggie Cheung et Carina Lau sont invitées à la fête de Regina (Regina Kent), la fille du gouverneur, tandis que Dragon et ses hommes surveillent le lieu. . Elles vont laisser accuser le policier du vol. Mais elles vont culpabiliser quand elles se rendent compte que Dragon est plutôt dans leur camp. D’autant que Chun en profite pour arrêter Dragon dans le but de s’en débarrasser. Dragon doit prouver son innocence et a compris la machination. Il file chez Maggie dans ce but.

Ce que cherche Jackie Chan c'est de varier les plaisirs. Les scènes de chorégraphie des combats sont encore plus longues que dans ses précédents films, plus spectaculaires avec encore plus de monde à tabasser et de personnages qui affrontent l'acteur. Avec cette surenchère, vient aussi une certaine brutalité qui reflète les personnalités de chacun, Chun étant le plus vicieux parce que le plus corrompu. Jusqu'à la scène finale sa cupidité le caractérise et cela le perdra.

La comédie a toute sa place avec plusieurs personnages. En tout premier lieu, Maggie Cheung, avec son petit chapeau et sa bonne bouille, joue les ravissantes idiotes qui, contrairement à Rosamund Kwan et Carina Lau, ne comprend absolument pas dans quel pétrin elle s'est mis. Jusqu'à la toute fin, elle ignore que ses deux amies ainsi que le fringant Man (Ray Lui) sont des révolutionnaires. Plus que cela, elle est aussi une fille maladroite qui met régulièrement Dragon Ma dans le pétrin.

L'une des scènes les plus longues du film se déroule dans l'appartement de Maggie où Dragon et Mars arrivent. Puis tout le monde se met à venir comme dans un vaudeville. Le commissaire Tung, Chun, des Chinois favorables à l’empereur. Chacun doit se cacher pour ne pas être vu de l’autre. Les portes claquent, s'ouvrent et se ferment à un rythme soutenu. Maggie (qui adopte le point de vue du spectateur) joue la petite fille innocente qui ne comprend pas vraiment tout ce qui se passe.

La séquence n’est pas seulement bien construite, elle est aussi hilarante. Tout cela pour finalement arriver au morceau de bravoure final qui se déroule sur un entrepôt du port de Hong Kong. Maggie Cheung et Rosamund Kwan sont de la partie. Jackie Chan manque de se faire écrabouiller par un pilon. Des pirates complètement à l'ouest et munis de haches viennent l’aider et le tout se termine par un hommage à Buster Keaton. Un pilier de la comédie d’action.


Ce qui me plaît aussi beaucoup dans Le Marin des mers de Chine 2 ce sont ces petites trouvailles visuelles que fait Jackie Chan et qui ponctuent le récit. Le plus bel exemple est dans la maison du gouverneur. Tout ce passe dans une chambre peu éclairée où Dragon poursuit Man qui se faufile derrière chaque meuble. Dragon lui choisit de se fondre dans le décor, en l'occurrence devant une peinture son visage répond à ceux du tableau. C'est un instant de grâce parmi d'autres, c'est très émouvant.



































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