mercredi 27 novembre 2019

Dragon lord (Jackie Chan, 1981)

Au lieu d'étudier les arts martiaux, la calligraphie et la poésie chinoise, Dragon (Jackie Chan) passe son temps à faire l'école buissonnière avec son meilleur ami Cowboy (Mars, il a là l'un de ses rares premiers rôles) qui lui rechigne à apprendre le piano. Le duo part de chez leurs pères, la mère n'est plus vivante, de la bonne société. On n'est plus dans une école de kung-fu comme dans La Hyène intrépide et La Danse du lion et aucun des deux jeunes hommes ne sont orphelins. Ils sont en revanche de sacrés chenapans qui n'en font qu'à leur tête.

Ce sont les facéties qui occupent Dragon et Cowboy. Il faut bien le reconnaître, les deux acteurs sont déjà trop vieux pour leur rôle, ils font semblant d'avoir 18 ans et d'être des gamins alors qu'ils en avaient 10 de plus. Leur jeu favori est de draguer les jeunes femmes, surtout Alice (Suet Lee) et de pisser dans la rivière. Pour cela, ils vont la voir au bord de la rivière où elle lave le linge avec d'autres femmes. Il faut surtout que Dragon et Cowboy évitent leur père respectif, M. Ho (Tien Feng) et M. Wang (Paul Chang). C'est un jeu du chat et de la souris.

Ces moments de comédie lancent le film avec un certain entrain. C'est aussi que les deux amis sont un peu couillons et semblent se complaire dans leur adolescence en se chamaillant constamment. Ils ne veulent pas grandir mais leurs hormones (ils tombent amoureux de la même jeune fille) et leur père les forcent à grandir. Le gag le plus amusant est celui du fusil de M. Wang que Dragon et Cowboy manipulent. Les deux idiots ne savent pas ce que c'est, on dirait qu'ils découvrent un hochet. Quand le coup part, le plafond leur tombe sur la tête.

Pendant ce temps, des contrebandiers ont volé des antiquités et des objets rares pour les vendre. Ce patrimoine ne doit pas quitter la Chine déclare Tigre (Michael Chan) et il va faire la guerre à ces anciens mercenaires tout juste sortis de la guerre civile (dit un des dialogues). Hélas, ses comparses ne voient pas cela d'un bon œil. Tigre s'enfuit dans la campagne tandis que le contrebandiers dirigé par un type à seul œil (Wang In-shik) font la chasse à l'homme rencontrant les deux jeunes qui eux faisaient la chasse au faisan en toute insouciance.

Les progrès faits par Jackie Chan entre La Danse du lion et Dragon lord sont énormes. Finis les zooms violents et intempestifs pendant les scènes de combat (le seul zoom est celui sur l’œil mort du chef des méchants en fin de film). Cela est surtout visible dans la première grosse scène, celle du volant d'or, soit une variation de match de football avec un volant orné de plumes. En place des zooms, Jackie Chan choisit le panoramique qui permet de filmer l'ensemble de la scène et tous les jeunes gens qui se déplacent à l'intérieur du cadre.

Ce long match trouve un écho en fin de film avec un jeu entre quatre équipes. Ils doivent d'abord aller chercher un ballon ovale en haut d'une pyramide en bambou (les corps glissent beaucoup, c'est cette scène qui figure dans le générique de fin comme bêtisier) puis ils se battent sur le terrain, là les corps volent et virevoltent. C'est d'une rapidité et d'une efficacité redoutable mais aussi d'une certaine violence et d'une brutalité primaire, du rugby primitif. Cette séquence ultime de Dragon lord est totalement déconnectée du reste du film.


Le récit est chaotique, mal ficelé, Jackie Chan passe d'une situation à une autre sans transition. Il oublie un pan narratif (celui d'Alice) et y revient 30 minutes plus tard. À vrai dire, peu importe, ce qui compte dans son troisième film est le peaufinage de son style et l'élaboration de ses chorégraphies. Dans La Danse du lion, comme dans un Shaw Brothers, le combat final était en pleine nature, dans Dragon lord, il se déplace dans un entrepôt pour utiliser les objets qui se trouvent sous sa main. C'est pas encore abouti mais c'est déjà très réussi.


























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