dimanche 3 novembre 2019

J'ai quelque chose à vous dire (Marc Allégret, 1930)

Voici le premier film de Fernandel, comme le dit le carton du générique un « sketch » avec tout ce que cela implique : un film très parlé, très théâtral en unité d'action de temps et de lieu, une durée limitée (20 minutes) et une chute. Fernandel apparaît les cheveux gominés dans J'ai quelque chose à vous dire, disponible en bonus sur le DVD de Fric-frac qui est sorti récemment. Il a l'air d'un jeune premier avec ses cheveux en arrière, sa fine moustache sur son grand visage et son beau costume, il arrive dans cet appartement cossu avec un pas assuré.

Il est l'amant et a quelque chose à dire au mari (Pierre Darteuil) de sa maîtresse. L'époux cocu est désarçonné par l'outrecuidance de cet amant intrusif ce qui le fait répéter certains mots au fur et à mesure qu'il apprend cette chose. Il apprend quand l'aventure a commencé « mi-août, mi août, mi août », « cessez de faire le chat » lui répond l'amant. Il fera cela plusieurs fois dans le film, il joue sur ces calembours qui devaient faire hurler de rire le public il y a 90 ans avec cette petite histoire où le duel a lieu avec des mots.


Je me demande souvent ce qui faisait rire le public français. Ici c'est la situation incongrue de voir débarquer un étranger chez soi pour se plaindre de la frivolité de l'épouse (car on en apprend une bonne dans la chute). Cela entraîne une autre chute comique, l'amant qui ne connaissait le mari trompé se rend compte avec l'arrivée de la femme de ce dernier. On croyait l'amant courageux, il se révèle lâche quand il apprend que le vrai mari est un costaud. Ouf, l'honneur est sauf, l'amant est humilié doublement.









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