mardi 4 février 2020

Mister Dynamite (Jackie Chan, 1986)

Proposer au public une version chinoise des aventures d’Indiana Jones est l'ambition de Mister Dynamite. Avec derrière l'idée de s’ouvrir au marché occidental. Car si Jackie Chan est connu, et parfois reconnu comme un acteur de films d'arts martiaux, il ne l'est pas comme héros de comédies d'action. En 1986, sous nos contrées, il reste très méprisé, ses films sont charcutés, remontés, doublés avec des dialogues stupides et des voix françaises atroces. Il aura fallu attendre plus de 20 ans pour que les spectateurs français puissent enfin découvrir dans sa langue et en intégralité les films de Jackie Chan. Cela voulait dire aussi réévaluer ses comédies, comme ses polars et ses wu xia pian.

Mister Dynamite traverse le monde. Certaines scènes ont été tournées en Autriche, d'autres en France (on y voit Paris et notre belle police nationale). La plupart du film semble avoir été tourné en Yougoslavie, ce qui donne une drôle d'impression car rien de ces pays traversés n'a de prise sur le scénario. Mais surtout c'est la séquence d'ouverture qui est la plus délirante censée se situer en Afrique, Jackie Chan cherche à voler une épée sacrée à un peuple montré comme primitif. Sauf que les décors sont ceux des ruines d'un château qui pourraient être situés dans le Cotentin. Bref, tout cela consiste à faire de l'exotisme pour les spectateurs de Hong Kong. Et c'est bien mieux pour parler d'une médiévale armure de Dieu.

Je ne connais pas le succès à Hong Kong des Indiana Jones, sans doute important comme partout ailleurs, mais je sais que le public cantonais était friand des films de la franchise Mad mission. Des films d'espionnage produit par la CCC (Cinema City Company), concurrente dans les années 1980 de la Golden Harvest. Mad mission (le 3ème épisode, le plus connu, a été réalisé par Tsui Hark) savait être parodique (surtout en ce qui concerne les méchants) tout en développant de l'action et de la romance. Le rôle principal des Mad mission était tenu par le chanteur Samuel Hui. Aussitôt Jackie Chan décide de s'entourer d'Alan Tam, lui aussi star de la cantopop (on l'entend pourtant chanter ici en anglais, histoire que les éventuels spectateurs américains comprennent les paroles).

Bon, il faut bien le reconnaître, Alan Tam est un piètre acteur. Il n'était doué ni pour la comédie, ni pour la romance, ni pour l'action. Mais il était à l'époque très populaire. Alors Jackie Chan se coltine Alan Tam pendant toutes ses aventures. A lui est dévolu le rôle du maladroit, du gaffeur, du causeur de catastrophes en tout genre. A Jackie Chan de réparer les dégâts, ce qu'il fait juste après avoir avaler deux cacahuètes, signe de son grand calme avant la tempête. Autant le dire, le meilleur reste les scènes d'action auxquelles prend part Jackie Chan notamment contre quatre filles bodybuildées dans une grotte qui sert de refuge à la bande de méchants qui veulent s'emparer de l'armure.


Ces méchants ont enlevé Laura (Rosamund Kwan) la fiancée d'Alan mais qui fût l'amoureuse de Jackie, jadis quand ils formaient tous un groupe (on les voit dans un amusant clip style disco). Ces méchants se déguisent en moine et vivent dans un lieu reculé. Le trio de héros est aidé par Amy (Lola Forner), la fille d'un homme d'affaire à qui appartient l'armure de Dieu. Jackie Chan va foutre la pâté à ces faux moines. Il se mettra une ceinture de dynamite (d'où le titre français du film) et finira par faire exploser le repaires des affreux bandits. Même la scène finale sur une montgolfière est pas très bien foutue mais elle n'avait jamais été vue dans le cinéma de Jackie Chan.

























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