mardi 25 février 2020

Ikarie XB 1 (Jindrich Polak, 1963)

La jaquette du DVD édité par Capricci le dit clairement « un joyau de science-fiction qui a inspiré Stanley Kubrick ». Pour une fois, l'accroche publicitaire ne ment pas. Quel étonnement continue de voir ce film tchécoslovaque sorti en avril 2017 mais que je découvre trois ans plus tard. Ikarie XB1 n'est pas cité par Michel Chion dans sa monographie sur Kubrick ni par Piers Bizony dans « 2001 Le futur selon Kubrick » mais il y a tant se similitudes que regarder Ikarie XB1 est fascinant.

Des similitudes, on en trouve énormément dans ce voyage d'une navette spatiale, ici c'est en 2163, 200 ans après la date de tournage du film. L'équipage est international, comme dans la deuxième partie de 2001 l'odyssée de l'espace. Le cinéaste tchèque table sur l'entente cordiale entre les différentes nations qui ont conquis l'espace, Russe, Français, Tchécoslovaque, Américain, on trouve de tout, hommes et femmes qui portent tous le pantalon et la blouse.

Deux séquences frappent par leur ton. La première est celle où l'équipage fait du sport (comme le faisait Gary Lockwood en courant dans la roue de Hal). Ici tout le monde est en short et en tenue de corps pour faire du sport. Les habitants de la navette (une bonne douzaine) s'entraînent aux barres fixes, à la boxe mais les discussions continuent sur leur objectif : atteindre la planète Alpha du Centaure avec tous les problèmes qui émaillent le trajet interminable.

Pas de tenue de travail et encore moins de maillot de sport dans la deuxième séquence étonnante, celle d'un bal où les tenues de soirée sont de rigueur. La musique omniprésente dans le film cherche une modernité en jouant sur la musique à la mode en 1963. mais ce sont les pas de danse qui imposent une originalité à la scène et offre une beauté brute. Le bal sera au bout de quelques danses par l'un de ces dangers qui encombrent l'espace intersidéral.

La beauté du film est essentiellement verticale mais coupée de cercles, le décor de la navette spatiale est mise en avant d'autant plus que tout le film se passe dans cet intérieur où les murs sont parfois composés de cylindre d'eau qui font des bulles. Les néons, les lumières, les espaces obscurs abondent dans un constant système de contraste qui évoquent un danger inconnu dans un environnement futuriste mais harmonieux.

Pas de monolithe noir qui vient modifier le cours de l'Histoire dans Ikarie XB1 mais une « planète noire » qui perturbe le bon déroulement du voyage. Deux des astronautes sont victimes de radiations. C'est d'ailleurs par le visage d'un d'eux que le film commence, un regard caméra angoissé qui place immédiatement le spectateur dans un bain rempli de suspense : que se passe-t-il dans ce vaisseau ? Et surtout, vont-ils s'en sortir ?

Et les robots ne sont pas en reste. Le vaisseau spatial a une cerveau aussi intelligent que celui de Hal 9000 mais moins retors. Il est là au service de l'équipage. L'autre robot est plus classique, typique des films hollywoodiens, il est là en mode comique tant il apparaît ringard et dépassé, une technologie antique mais qui va, bien évidemment, s'avérer utile quand la super technologie ne peut plus sauver les hommes.


Reste un conflit à évoquer, celui d'une femme arrivée enceinte dans le vaisseau. Quelques disputes se créent entre elle, le père et un membre de l'équipe qui est parti sans sa femme. Mais derrière ce petit conflit, on voit en fin de film la naissance du bébé de ce couple. Le bébé filmé en gros plan n'en finit pas de rappeler celui de 2001 qui s'élève dans l'espace. Sans doute Ikarie XB1 est l'explication la plus plausible de ce bébé de Stanley Kubrick, en forme d'hommage volontaire.






























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