Citizen Kane est sorti le 8 mai 1941 aux Etats-Unis. Le film a
maintenant 75 ans, l’occasion de faire un large portfolio de 75 captures d’écran
à partir du DVD remastérisé. Il y aurait tant de choses à écrire sur le film d’Orson
Welles, sur le palais de Xanadu en foley,
sur les news qui ouvrent le film, sur les trois flash-backs qui remettent en
question le reportage, sur la profondeur de champ, sur les plafonds, sur les
angles, sur le sourire d’Orson Welles, sur ses maquillages qui le vieillissent
et le grossissent, sur sa troupe d’acteurs du Mercury, sur la musique de
Bernard Herrmann, sur la neige, sur le traineau, sur les épouses de Kane, sur
le pouvoir du journalisme, sur la voix médiocre de la deuxième femme de Kane,
sur les surimpressions, sur les fondus enchaînés, sur ce travelling ascendant
dans l’opéra, sur la mégalomanie, sur le destin du film, sur la polémique
concernant le scénario, sur l’influence du film, sur le fait que l’illustration
la plus connue de Citizen Kane où l’on
voit Orson Welles debout sur des tas de journaux n’est pas dans le film, il y
aurait tant de choses à écrire, mais je vais me reposer quelques jours sans
écrire. Comme d’habitude, pour mieux visionner les images du film, cliquez sur
la première et faites les défiler.
dimanche 8 mai 2016
samedi 7 mai 2016
In Jackson Heights (Frederick Wiseman, 2015)
J'ai
mis un peu de temps à aller voir In Jackson Heights, avec sa
durée rare (3h10) mais pas si exceptionnelle tout compte fait, mais
cela valait le coup d'attendre que mon cinéma du coin programme le
film. Dans la longue filmographie de Frederick Wiseman, ses films
récents et populaires (Boxing gym, National Galery, La
Danse – le ballet de l'opéra de Paris, Crazy Horse) se
focalisaient sur des lieux facilement abordables, dans une forme de
comédie humaine. Le cinéaste filme un métier, un lieu, des
personnes au travail. In Jackson Heights reprend l'étude
minutieuse d'une ville dont la population, donc autant de
personnages, n'est pas liée par l'institution, la profession. Filmer
une ville, Frederick Wiseman l'a fait dans Canal Zone (des
Américains qui vivent dans le canal de Panama) et Belfast, Maine
(la vie d'une petite ville). C'est une matière en gestation
entièrement façonnée par la vie quotidienne des habitants et tout
tient par le montage (120 heures de rush annonce la fiche du film).
Son
film est comme tous ses autres films, pas de voix off en commentaire
pour indiquer qui est sur l'écran, où on se trouve, ce que font ses
gens (on n'est pas dans Connaissances du monde). Il filme des plans
d'ensemble dans leur activité, dans le quotidien, observe
silencieusement, puis s'approche des visages en gros plan (étranges
séquences chez l'esthéticienne indienne où les femmes se font
épiler avec un fil). Il filme les enseignes des magasins, les feux
aux croisements, les panneaux de rue, le métro qui passe, les
publicités, les néons. Le cinéaste s'est rendu compte que tout
cela peut disparaître assez vite. Comme d'autres quartiers du
Queens, le gentrification de Jackson Heights inquiète les
commerçants du coin qui doivent quitter les lieux pour laisser la
place à une population plus fortunée. Ce sont les latinos qui sont
visés, installés depuis des décennies, les Colombiens (qui suivent
le Mondial de foot de 2014) ne peuvent plus payer les loyers. Le film
donne une incroyable leçon sur l'ultra libéralisme sournois et
destructeur.
Depuis
toujours, Frederick Wiseman filme les discussions entre les
habitants. Le mot qui revient le plus est community, la
communauté. La langue la plus entendue dans le film est l'espagnol.
Jackson Heights est aussi le centre d'une importante communauté
LGBT. Un bon tiers du film est consacré aux réunions, parades,
discussions de groupe (qui ont lieu notamment dans un centre juif)
des gays, lesbiennes et transexuels. Daniel Dromm, le conseiller
municipal du district, Démocrate et homo, est à l'écoute de toutes
les communautés. Le troisième grand sujet de In Jackson Heights
est celui de l'installation des nouveaux migrants, de leur entrée
dans la citoyenneté. Hilarante méthode d'apprentissage pour les
futurs chauffeurs de taxi du sous-continent indien, candide leçon de
démocratie avant l'examen pour devenir Américain. Comme à son
habitude, il intercale ces trois fils conducteurs avec des plus
courtes saynètes, quatre vieilles dames qui tricotent dissertent sur
les acteurs gay, un cours dans une école coranique, l'anniversaire
d'un papy. Ça vit, ça grouille, ça réjouit, mais pour encore
combien de temps ?
jeudi 5 mai 2016
Starship troopers (Paul Verhoeven, 1997)
Would
you like to know more? Les informations qui ouvrent Starship
troopers (comme elles lançaient Robocop) annoncent
immédiatement ce qu'est ce futur où se déroule le film de Paul
Verhoeven (son meilleur film américain ex aequo avec Robocop).
L'armée recrute fièrement ses troupes pour combattre dans une
galaxie bien lointaine les insectes de Klendathu. Et soudain, un
reportage en live, le journaliste commente devant la caméra, en
tenue militaire, le combat en cours, les soldats passent devant et
derrière lui, ils tirent sur un insecte géant, une sorte de punaise
qui éventre le pauvre reporter. La caméra tombe devant le visage du
héros. Lancement du flash-back, un an auparavant.
Le
monde aura changé dans ce futur. Sans que cela soit jamais expliqué
dans Starship troopers, la capitale du monde libre est
désormais Buenos Aires. Ce déplacement géographique montre que
l'impérialisme américain a pu conquérir l'Amérique du sud,
l'hypothèse serait que le continent nord n'est plus vivable. Le
soldat à terre vu plus tôt est Johnny Rico (Casper Van Dien), jeune
étudiant qui a du mal à écouter son professeur (Michael Ironside).
Il préfère, sur sa tablette, dessiner son visage et celui de sa
bien-aimée Carmen Ibanez (Denise Richards), sous l’œil de sa
rivale Dizzy Flores (Dian Meyer) qui s'amuse à draguer Johnny. Le
cours suivant consiste à disséquer un insecte gluant et verdâtre.
Carmen
est dégoûté par les viscères de l'insecte que Johnny manipule
avec amusement, soulevant fièrement les intestins ennemis que les
élèves doivent étudier. Ce que ces deux séquences au lycée
montrent est tout simplement que Johnny Rico n'a pas la fibre
étudiante. D'ailleurs ses notes ne sont pas bonnes. Quand le cerveau
de la classe, le brillant étudiant admirateur de psychiatrie Carl
Jenkins (Neil Patrick Harris) affiche les notes publiquement, celles
de Rico sont faibles. Celles de Carmen sont très élevées. Ce sont
deux destins qui vont évoluer en parallèle, Rico sera un simple
bidasse, tout comme Dizzy, et Carmen sera amenée à diriger les
vaisseaux spatiaux qui exige une solide formation.
La
rivalité entre personnes intelligentes et celles plus aptes à la
force physique est accentuée avec le personnage de Zander (Patrick
Muldoon). Ce dernier a des vues sur Carmen et Johnny Rico est, bien
entendu, très jaloux. Tout va se jouer par un match d'un sport ultra
violent, une sorte de football américain en salle. Mais ce que Rico
ignore encore est que Zander est l'instructeur de Carmen qui va
apprendre à conduire les vaisseaux spatiaux. Ils auront beau
s'échanger des lettres vidéos sous le regard goguenard des
camarades, Carmen est à l'autre bout de la galaxie, Rico aura peu de
chance de la revoir. Leur différence de classe sonne la fin de leur
romance.
Denise
Roberts a un très large sourire qu'elle offre à chaque scène,
Casper Van Dien a de très beaux abdos et une gueule carrée. On les
croirait sortis d'un clip d'un boys' band. Ces corps extrêmement
sains et forts, Paul Verhoeven va s'amuser à les mutiler pendant
tout son film. Il montre ce que la guerre coloniale et impérialiste
fait de la jeunesse. Un aperçu a déjà été donné des blessures.
Le bras amputé de Michael Ironside, le visage brûlé de Rue
McClanahan, la prof de biologie aveugle, l'officier recruteur sur son
fauteuil roulant auquel il manque ses jambes et ses mains remplacées
par de l'acier. Voilà ce qui attend Rico, Dizzy et les autres
simples bidasses.
Dans
cette nation du futur que décrit Paul Verhoeven dont le nom est la
Fédération, personne n'est égal. Loin de là. Il faut gagner son
statut de citoyen. Cela passe par l'armée pour certains. Johnny Rico
décide de s'engager, contre l'avis de ses parents, des gens fortunés
qui espéraient une carrière plus brillante et moins risquée pour
leur fils. Mais à l'armée, toutes les recrues sont traitées avec
égalité, ce qui implique des douches communes, des dortoirs mixtes
et des possibilités rapides de monter en grade. Les filles comme les
garçons sont logés à la même enseigne et chacun, explique, nu
comme un ver, sa raison d'avoir intégré les fantassins pour aller
se battre à Klendathu.
Le
corps est la matière première de Starship troopers. Il n'a
de valeur que s'il peut se battre et porter une arme. Rico est
responsable de la mort d'une de ses camarades. Il n'écopera pas
d'une peine de prison, sa sentence consiste à recevoir des coups de
fouets, torse nu, en place publique, devant les autres soldats. Le
corps mort n'est d'aucune utilité pour l'armée, le corps blessé
peut se réparer et ensuite servir. Ace (Jake Busey) reçoit un
poignard en pleine main, il recevra des soins. Rico sera éventré,
il passera quelques heures dans un liquide qui ressoudera ses chairs.
Et tous pourront partir affronter les insectes géants cracheurs de
flamme.
La
guerre que filme Paul Verhoeven est sale et très violente. Elle est
montrée dans toute sa crasse horreur. La polémique (éteinte
depuis) à la sortie du film reposait à la fois sur l'extrême soin
porté aux combats, tous subtilement graphiques, et sur les tenues
des officiers largement inspirées des généraux de la Wehrmacht.
L'archétype en était Carl Jenkins qui pratique la télépathie pour
contrôler les esprits. Pour Paul Verhoeven, ce contrôle des esprits
est comparable à la manipulation de la propagande télévisuelle des
infos qui scandent le film. C'était celle de la télévision
américaine de l'époque, celle de la guerre froide et celle
d'aujourd'hui.
mercredi 4 mai 2016
Les Amants de Caracas (Lorenzo Vigas, 2015)
« Enlève
ta chemise, baisse ton pantalon, pas trop ». Le rituel est
toujours le même, le jeune homme qui se déshabille se met de dos
dans le salon du quinquagénaire qui est allé le débaucher, contre
quelques billets, dans des quartiers pauvres, puis celui qui observe
la semi nudité, s'assoit sur son canapé et se soulage. Au bout de
quelques secondes, il remet l'argent au jeune homme qui s'en va. Ce
monsieur que joue Alfredo Castro dans Les Amants de Caracas a
une tête à la Droopy, un visage qui ne semble jamais donner la
moindre émotion. Il est prothésiste, il porte toujours le même
genre de chemise, il se déplace lentement. Son nom ne sera donné
que dans la deuxième moitié du film : Armando.
Quand
le rituel se répète, toujours filmé de la même manière, en
jouant sur le flou (tantôt Armando, tandis l'autre personne), sur la
caméra qui suit de dos notre homme, le résultat n'est plus le même.
Le jeune homme, attiré par l'argent promis, est récalcitrant à se
déshabiller, il traite Armando de sale pédé et le frappe avec un
gros cendrier. Il en profite pour lui prendre tout son fric, son
portefeuille et une petite sculpture qui trône sur ses étagères.
Le jeune gars s'appelle Elder (Luis Silva), petite frappe qui navigue
entre sa petite amie, les petits larcins, les vendettas contre les
frères de sa meuf et un boulot dans une carrosserie. Elder porte
deux débardeurs, l'un simple marcel, l'autre vert, plus épais, avec
une bande noire sur les épaules.
Avant
qu'Armando ne devienne l'amant d'Elder, ce sont des sentiments de
répulsion qui se dégagent entre le vieux et le gamin, une relation
basée sur l'argent et des rapports de maître à esclave. Armando
revient sur son lieu de drague préféré à la recherche d'Elder, ce
dernier rapporte le portefeuille au boulot d'Armando. Notre Droopy
visite l'appartement du jeune où il découvre que la petite
sculpture est en face du lit d'Elder. Et quand Elder se fait casser
la gueule par les frères de sa copine, c'est tout naturellement
qu'Armando recueille et soigne son protégé. De cet animal sauvage
qui boit et mange vulgairement, il va faire un gentil toutou. Ils
deviendront tellement inséparables qu'Elder invitera Armando à la
quinceañera de sa petite sœur.
Un
intrigue secondaire traverse Les Amants de Caracas. Armando a
un père, semble-t-il un homme d'affaires important, autour duquel un
mystère baigne. Le film n'en dit pas plus mais ne parvient pas à
passionner profondément avec ce personnage paternel. Il reste
également superficiel sur l'état du Venezuela de Nicolas Madura :
la pauvreté et le délabrement des bas quartiers, l'homophobie de la
famille et des amis d'Elder, le règne de l'argent. Voilà ce que
Lorenzo Vigas dit de son pays sur un ton glacial, sans une note de
musique, dans une lumière terne. Son film sinistre et maîtrisé,
bourré de qualités et de nombreux défauts, a reçu le Lion d'or au
dernier Festival de Venise. Le titre français est d'une médiocre
banalité.
mardi 3 mai 2016
Mes meilleurs copains (Jean-Marie Poiré, 1989)
Dans
une vie passée, Jean-Marie Poiré a été chanteur de rock sous le
pseudonyme de Martin Dune. Une partie de ses souvenirs de jeunesse
sert de moteur à Mes meilleurs copains. C'est son comparse
Christian Clavier qui fait office de narrateur pour présenter ses
meilleurs amis. Tous ont prévu d'aller assister au récital de la
chanteuse québecoise Bernadette Legranbois (Louise Portal) à
l'Olympia. Ils doivent ensuite se rendre tous les cinq dans la grande
maison de campagne pour y passer le week-end, sans leurs femmes et
enfants.
Christian
Clavier est Jean-Michel, dentiste de son état, fiancée à Anne
(Marie-Anne Chazel), psychologue qui lui conseille d'enfin coucher
avec Bernadette, histoire de mettre fin à des années de fantasme
inassouvi. Jean-Michel est emmené au concert par Guido (Jean-Pierre
Bacri), publicitaire. Ils doivent retrouver Antoine (Philippe
Khorsand), metteur en scène de théâtre, Richard (Gérard Lanvin)
qui invite tout le monde dans sa maison de campagne et Dany
(Jean-Pierre Darroussin), éternel baba cool jamais revenu des années
1970.
Dans
sa narration, Jean-Michel évoque comment il se sont rencontrés.
Flash-back en noir et blanc sur les bancs de l'école où, avec
Richard et Guido, ils courent observer sur les toits deux profs qui
roucoulent en secret. Puis, l'adolescence arrivée, leur premier
groupe de musique. La concert et la boum qui s'en suit, où les
jeunes découvrent leur corps et ceux de leur copine, ont lieu chez
le papa de Jean-Michel (Jacques François) qui vire son fils et tous
ses amis. Jean-Michel a la fibre artistique et part faire le
théâtreux, adieu la carrière de dentiste prévue par papa.
Petit
à petit, tandis que le passé revient à Jean-Michel, le caractère
de chaque personnage se précise. C'est dans une librairie qu'il
croise Bernadette, femme aux formes plantureuses, qui éveille chez
Richard et Jean-Michel une boulimie de lecture. Mais elle est prise.
Elle sort avec Antoine, jaloux comme un pou, fournisseur de
spectacles d'art vivant joyeusement caricaturés par le cinéaste. La
bande va jouer dans une usine une pièce absconse, comme il devait
s'en faire des dizaines après mai 68, devant des ouvriers médusés.
Antoine
n'est pas seulement jaloux, il est laid, et Richard est beau.
Bernadette trompe son mec avec ce dernier. C'est un secret qui durera
18 ans, Richard ne l'avait jamais révélé. C'est lors d'une
discussion au cours d'un repas dans sa maison de campagne que tous
l'apprennent. Après une soirée bien arrosée, Bernadette s'est
disputée avec son manager de mari, Billy Lou Baker (Didier Pain), à
la gueule de maquereau. Elle a finalement débarqué dans la grande
masure et des révélations sur leur passé commun constituent
l'essentiel de l'action.
Le
personnage le plus fantasque des Mes meilleurs copains est
sans doute Dany. Jean-Pierre Darroussin n'était pas connu en 1989,
il avait déjà joué dans les films de Robert Guédiguian, mais ses
films restaient confidentiels. Dany est un grand échalas, toujours
vêtu en jean, avec des cheveux bouclés qui descendent jusqu'aux
épaules. Ce qui fait merveille est son élocution, lente et
nonchalante. Rien n'est grave tant qu'il « n'y a pas mort
d'homme », pas même de s'être fait volé le camion de Richard
qui l'héberge, le nourrit et le blanchit depuis des années.
La
petite bande a rencontré Dany dans un de ces festivals de musique
sauvages où ils donnaient un concert. Dany est un guitariste hors
pair, le seul, avec Bernadette, à avoir du talent, le seul qui
aurait pu faire carrière. Dany, comme les autres gars, ignorent que
Billy Lou aurait pu en faire un star. Dans le groupe de copains, Dany
représente le seul qui n'a jamais rejeté ses idéaux. Antoine est
moqué par rapport à son théâtre subventionné, Jean-Michel pour
ses velléités d'écrivain qui pioche dans la vie privée des autres
et Richard pour sa vie de petit bourgeois.
Tous
les renoncements des années 1980 passent par le personnage de Guido.
Chanteur médiocre, il a troqué le micro pour une caméra où il met
en scène ses fantasmes (incroyable film en 8mm, hilarant). C'est
ainsi que la bande se rend compte qu'il est homosexuel. Au fil du
temps, il est devenu publicitaire pour Contrex, aujourd'hui il serait
un bobo. Mais son personnage est traversé par une sombre mélancolie,
par la peur du SIDA (il dit n'avoir pas baisé depuis 1983) qu'il
tente de calmer en faisant des longues balades en vélo.
Alors,
on le sait, malgré la tendresse, l'ironie, l'humour, Mes
meilleurs copains a été un four dans la longue carrière de
Jean-Marie Poiré. C'est son film le plus calme, le plus équilibré
et, somme toute, le plus varié, le tout dans un montage ad hoc et
une direction d'acteurs au diapason du récit. Le cinéaste n'était
pas habitué à se prendre des bides, il avait enchaîné les succès
publics à défaut de critique. Il ne fera plus jamais de comédie
dramatique, comme on dit, et s'engouffrera dans le gros film comique,
et je parle bien de gouffre.
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