vendredi 23 août 2019

Le Fils du cheik (George Fitzmaurice, 1926)

L'un de mes amis, par ailleurs l'un des meilleurs spécialistes du cinéma LGBT en France (on va l'appeler Didier) poste souvent sur sa page Facebook des courts textes pour se rappeler des anniversaires de célébrités. Comme il cherche depuis des années à écrire un livre sur Rudolph Valentino, il a rappelé que l'acteur est décédé le 23 août 1926. il ne m'en faut pas plus pour me plonger dans son ultime film, Le Fils du cheik qui sortira sous les pleurs de ses admiratrices quelques jours après sa mort.

Dans cette suite exotique de son plus gros succès public, Rudolph Valentino incarne désormais Ahmed et pour son entrée dans le film, il a droit à un gros plan où son sourire enjôleur empli tout le cadre. Il offre son plus beau profil (le gauche) à ses spectatrices puisque paraît-il les salles étaient remplies de jeunes femmes, et de moins jeunes sans doute, venues admirer la plastique irréprochable du jeune acteur. Il n'avait que 31 ans mais son personnage d'Ahmed est censé n'avoir que 20 ans à peine, un fougueux jeune homme qui n'a peur de rien et qui séduit toutes les femmes qui l'entourent.

Le scénario du Fils du cheik se réduit à quelques phrases. Dans sa ville située au sud d'Alger, son regard de braise croise celui d'une jeune femme. Elle s'appelle Yasmin et c'est l'actrice hongroise Vilma Banky qui joue cette jeune algérienne fille d'un renégat français, dixit les intertitres. Elle subvient aux besoins des comparses de son père en allant danser dans les villes. C'est là qu'Ahmed la repère et tombe amoureux d'elle. Evidemment, c'est réciproque. Seulement voilà, elle vit avec des gens bien peu honnêtes au milieu du désert et Ahmed, tout à sa passion pour elle, va la rejoindre. Les gredins veulent l'enlever.

Il faut dire un petit mot sur cette bande qui entoure ce renégat. Ils sont tout méchants mais l'un d'eux est la caution comique du film, un personnage burlesque qui se prend de nombreux coups de pied au cul, qui subit toutes les humiliations. Il est joué par Karl Dane, un acteur danois, et développe un burlesque constant qui contraste avec le jeu de l'autre méchant, incarné par Montagu Love, méchant violent et vicieux. Il frappe ses hommes et fomente l'enlèvement du jeune Ahmed pour exiger une rançon. Plus grave, il fera croire que Yasmin lui a fait croire qu'elle est tombé amoureuse pour l'enlever.

Pauvre Ahmed qui se retrouve attaché dans des ruines au milieu d'un oasis. La scène offre une idée de l'érotisme tel qu'il était pratiqué à Hollywood en 1926. Rudolph Valentino a la chemise et prend des poses lascives et s'arme de son regard le plus endiablé pour exprimer son grand mécontentement. Chemise ouverte sur son torse glabre, les méchants lui assènent quelques coups de fouet sur le poitrail. Ce sera de tout le film (très court par ailleurs) le seul instant où la peau de l'acteur est visible. Jamais il ne se déshabillera tout juste montrera-t-il plus tard ses pectoraux quand il enlève sa cape.


Les spectatrices voulaient voire Rudolph Valentino dans un beau rôle romantique, elle l'ont. Mieux que cela, l'acteur joue deux rôle, le fils et le père qui intervient dans la seconde moitié du récit. Ce qui donne droit à quelques effets spéciaux quand les deux Rudolph sont dans le même plan, notamment l'un où le père pose son bras sur l'épaule du fils, grâce à un astucieux effet de transparence. Il désapprouve totalement la romance de son fils mais il se rappellera grâce à son épouse que lui aussi, jadis, dans sa jeunesse, faisait preuve d'une belle fougue. Unis, ils parviennent à sauver Yasmin des gredins qui lui voulaient du mal.

























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