jeudi 12 mars 2020

Tonie Marshall, 1951 - 2020


Dans mes plus anciens souvenirs de Tonie Marshall, il y a la série de Jean-Michel Ribes Merci Bernard. Ça passait le dimanche soir à 20h sur FR3, alternativement avec Benny Hill. C'est qu'on savait s'amuser le dimanche soir ! Tonie Marshall avait déjà cette bonne bouille, ces petits yeux de cocker qui faisait qu'il lui était attribué des rôles de Sainte-Nitouche, de bécasse, de fille simplette. Elle avait une voix un peu traînante et surtout des cheveux blonds bouclés. Merci Bernard c'était des sketches courts comme Ribes en fera quelques années plus tard avec la série Palace plus connue et aussi absurde. C'est là que j'avais vu pour la première fois ses comparses Philippe Khorsand et Eva Darlan. Certes, les gags ont un peu vieilli, on peut en voir quelques uns sur la page youtube de l'INA.

Au cinéma, en tant qu'actrice, elle avait réussi le grand écart entre le cinéma très commercial et le cinéma d'auteur, celui que les Cahiers du cinéma défendaient, celui de Jean-Claude Biette (Le Champignon des Carpathes), de Gérard Frot-Coutaz (Beau temps mais orageux en fin de journée) et Michel Davila (La Campagne de Cicéron). Pour le cinéma commercial, c'était surtout Les Sous-doués de Claude Zidi. Elle était la fille de Maria Pacôme, prof dans une boîte à bac minable. Le meilleur gag du film était autour de son personnage qui soutenait les sous-doués mais eux se jouaient d'elle en faisait croire qu'elle dansait. Une lycéenne avait pris sa robe Maria Pacôme surveillait avec une caméra les classes et la pauvre Tonie se ramassait une claque monumentale de sa mère.

Et ensuite le cinéma. Mon premier film de Tonie Marshall, c'était Pas très catholique avec Anémone. Une Anémone pas commode, un peu revêche, parfaite dans ce rôle. Comme Tonie avait un prénom de garçon, elle avait donné à son actrice celui de Maxime. Elle était très bien aussi dans Enfants de salaud, déambulation d'une fratrie à la recherche du père, ce salaud. C'est plus tard, lors d'une diffusion télé que j'ai découvert Pentimento. Antoine de Caunes débutait au cinéma dans un film course poursuite trépidant mais tout à fait réussi. Je crois qu'elle rêvait de faire du cinéma américain en France, c'est l'impression que j'en avais à l'époque.

Je me rappelle quand elle a reçu le César de la meilleure réalisation en 2000 pour Vénus Beauté (Institut) qu'elle a remercié Claude Berri (qui venait de produire le plus gros succès de l'année 1999, Astérix et Obélix contre César). Une bonne partie des professionnels de la profession détestait Claude Berri à l'époque mais l'autre partie le remerciait, ceux qu'il produisait. Impossible de ne pas parler de Tonie Marshall sans parler de sa mère Micheline Presle, la doyenne du cinéma français. J'avoue que je me suis longtemps détourné de son cinéma (perso, Vénus Beauté, c'était pas mal mais pas mon truc). Tonie Marshall a fait tourner sa mère dans plusieurs de ses films.

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