mercredi 25 mai 2016

Mr. Moto takes a vacation (Norman Foster, 1939)

En trois ans, la 20th Century Fox a produit huit films où Peter Lorre incarne ce Mr. Moto. Chaque film est court, 65 minutes environ. La série se termine avec Mr. Moto takes a vacation où Moto rentre chez lui à San Francisco bouclant la boucle puisque L’Enigmatique Mr. Moto débutait là-bas. Tout commence avec la découverte en Arabie de la couronne de la légendaire Reine de Saba. Le jeune archéologue qui a fait cette découverte décide de l’exposer au Museum de San Francisco, car à l’époque, ils avaient encore le droit de voler les trésors nationaux. Alors que Moto voulait se reposer, il est contraint d’aider le directeur du Museum qui sent la menace d’un voleur de joyaux.

La majeure partie du film se déroule dans Chinatown où les pancartes sont en chinois et où les figurants passent dans la rue. L’un des scènes d’action se déroule dans un restaurant appelé « le bouddha souriant » où Moto doit rencontrer Wong (Honorable Wu), le domestique de l’assistant du directeur du Museum. Il doit lui révéler le nom du voleur qui se pavane sous un habile déguisement. Les aventures de M. Moto se terminent sur un épisode plein d’entrain et de rebondissements typiques des serials de cette époque. Cette fois le gaffeur, enquiquineur de service est un certain Archie Featherstone (George P. Huntley Jr.) qui se prend pour un grand détective.











Mr. Moto en péril (Herbert I. Leeds, 1939)

Le plus faible des huit films de la série est Mr. Moto en péril qui se déroule à Puerto Rico. Au programme du film : des trafiquants de diamants, un marécage où vivrait le fantôme d’un pirate décédé trois siècles plus tôt et une romance entre l'actrice et un jeune premier. Mais surtout des catcheurs. Moto (Peter Lorre qui multiplie les scènes d'action) va apprendre à l’un d’eux les techniques du jujitsu. Ce catcheur nommé Twister McGurk (Warren Hyner) va devenir son assistant fait partie de ces personnages qui accompagnent notre détective lors de ses derniers films. Twister, tout comme Rollo dans Mr. Moto's last warning est un gaffeur né qui parle trop au risque de donner de précieux indices aux malfrats toujours prompts à écouter aux portes.

Insupportables bavards, incapables de se débrouiller seuls, ils ont des têtes de parfaits crétins. Cela permet deux choses : d’abord d’apporter du comique dans les péripéties poussives et peu crédibles (on est dans de la pure série B) et ensuite de montrer que Moto, par contraste, est très malin. Mais cela se fait au risque de se voir voler la vedette. Certes, les aventures sont rocambolesques au possible et l'humour guilleret. Moto parvient toujours à déjouer tous les plans fomentés contre lui. Ainsi, quand ses ennemis veulent le faire « griller » en sabotant les fils électriques, il découvre le pot aux roses, mais grâce à Twister qui voulait se raser un matin et qui n'y arrivait pas parce que le miroir était trop bas pour sa grand taille.









Mr. Moto's last warning (Norman Foster, 1938)

Après la Chine et le Cambodge, l’étape suivante des aventures de M. Moto est l’Egypte, royaume sous protectorat britannique. Avant d'y arriver, le récit fait une étape par Tunis où un écrivain loufoque vêtu comme Mr. Moto, lunettes rondes et sourire ad hoc vient parler de son prochain roman à Norvel (George Sanders). Cet écrivain nommé Rollo (Robert Coote) est l'élément comique du film. Une surprise de choc attend le spectateur de Mr. Moto’s last warning, Monsieur Moto qui s’apprête à débarquer à Port Saïd n’est pas incarné par Peter Lorre mais par un acteur japonais, Teru Shimada. Il discute avec les autres voyageurs avec qui il a pu sympathiser. Immédiatement, son futur ennemi le repère et ce Moto va se faire assassiner. Et cet ennemi n'est autre que Norvel.

En vérité, ce faux Moto n'était autre qu'un collègue du vrai Moto qui était parti déjà sur la piste des assassins : sont une bande d’activistes qui veulent faire exploser le canal de Suez. A la tête du complot se trouve un ventriloque, c’est-à-dire un homme, pour pousser la métaphore, qui pratique une illusion de langage, donc qui ment. Son alibi lui permet de passer inaperçu mais les services secrets, menés par Burke (David Carradine), sont sur ses traces. Moto pour mieux infiltrer le groupe se fait passer pour un antiquaire où il vend des objets japonais. Tout le monde joue un personnage double, se grime pour mieux manipuler l'adversaire. Le morceau de bravoure consiste à des scènes sous-marines où Moto, enfermé dans un sac par les gredins, doit s’en échapper.













mardi 24 mai 2016

Mr. Moto dans les bas-fonds (Norman Foster, 1938)

La cinquième aventure du fameux détective Japonais se poursuit avec Mr. Moto dans les bas-fonds. Tout commence au bagne de Cayenne où Moto (Peter Lorre) l'as des déguisement se fait passer pour un criminel japonais. Il s’évade avec un Français et tous deux filent à Londres où Moto se fera passer pour son domestique. Dès l'arrivée à la douane, le pauvre domestique se fait traiter comme un moins que rien. En jouant un domestique, Moto montre combien la bourgeoisie agit de manière inconséquente. Là, il fait semblant de ne pas bien savoir s’exprimer en anglais, parlant en escamotant les articles, en produisant des fautes de grammaire et en arborant un sourire benêt. Le but est de ne pas lever des soupçons quant à sa mission.

Le domestique, au milieu du film, abandonne sa couverture pour redevenir le détective Mr. Moto et retrouver son sarcasme. Il a une énigme à résoudre et des complots à démanteler. Il y est question d’un diplomate tchécoslovaque en exil à Londres. Le génie de Moto va être mis à rude épreuve pour démasquer les chefs de l'organisation, en effet le chef de la police de Londres ne fait pas confiance à Moto et le fait suivre. Le film prend en compte la menace de la seconde guerre mondiale qui flottait à l’époque. L’autre touche asiatique se trouve avec le personnage de Lotus Liu, déjà vue dans L’Enigmatique M. Moto, le premier épisode de la série, en proie à des commentaires racistes de la part des Anglais. Elle va l’assister pour démêler les fils du complot.











Mr. Moto court sa chance (Norman Foster, 1938)

Après l'épisode un peu à part que constituait Mr. Moto monte sur le ring, le détective poursuit ses aventure et repart en Asie du sud est. Mr. Loto, toujours incarné par Peter Lorre qui prend de plus en plus de plaisir à jouer les sages asiatiques, se fait passer pour un archéologue et le spectateur comprendra au fur et à mesure sa mission : arrêter des trafiquants d’armes à la solde de rebelles. Mr. Moto court sa chance se déroule dans une région proche du Cambodge (les temples d’Angkor sont visibles en images d’archive). Le film commence dans un avion piloté par une femme. Elle aura un accident d'avion et sera secourue par le célèbre détective mais immédiatement deviendra l'attention de tous les hommes, bons ou mauvais.

Les figurants eurasiens abondent, ils ne sont que des domestiques traversant le cadre torse nu, aucun ne sera un vrai personnage. Le film invente une région où la culture ira des danses khmères au Rajah polygame qui règne avec l’accord des Français. Moto va affronter un gourou superstitieux et va se déguiser en vieux mage afin de faire échouer le complot. A cela il faut ajouter deux reporters qui filment la culture locale et une espionne. Le film propose tout un étalage de clichés mélangeant allégrement l’hindouisme et le bouddhisme, une Asie de pacotille entièrement reconstituée en studio, comme il se devait dans ces films d'aventure qui sortaient toues les trois mois et devaient rapidement satisfaire les spectateurs en demande d'exotisme.