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samedi 4 mars 2017

Zigoto au bagne (Larry Semon, 1918)

Larry Semon et Stan Laurel sont au bagne. S'ils sont en tenue rayée de bagnard, le premier porte un chapeau melon, le second un panama, alors que les autres prisonniers ont un simple calot sur leur tête. Surveillés par une demi-douzaine de gardiens armés, tous cassent des cailloux dans une carrière. Presque tous, les deux zigotos manquent à l'appel, ils sont cachés derrière un rocher, assis tranquillement à lire un journal. L'un secoue la pioche, l'autre jette du sable pour faire croire qu'ils marnent mais les flics les ont repérés.

Les gags de la première moitié de Zigoto au bagne reposent sur les tentatives d'évasion du duo comique. A l'heure du déjeuner, ils tentent de déguerpir. Derniers de la queue-leu-leu qui mène de la carrière, ils reculent quand les autres avancent jusqu'à percuter le gros ventre d'un gardien moustachu. Larry Semon essaie toutes les combinaisons possibles. Ensuite, Stan et Larry se disputent pour un sandwich, un coup de pioche mal placé, leur chapeau. En général, chaque gag se termine par un coup de pied au cul et une chute les quatre fers en l'air.

Un carton indique en début du film que les deux hommes sont au bagne pour drague (flirtin'). Effectivement, dès qu'ils parviennent à s'évader, plutôt que fuir très loin, ils draguent la première fille venue. Or celle-ci est la fille du directeur. Ils confondent la fille avec une autre femme vêtue à l'identique et portant le même parapluie, mais Larry comme Stan sont pris d'horreur quand ils se rendent compte que cette autre femme est noire. C'était 21 minutes de comique de 1918, j'avoue que ça a mal vieilli.


















samedi 25 février 2017

Zigoto chez les pirates - Bears and bad men (Larry Semon, 1918)

Le titre français de Bears and bad men (des ours et des mauvais gars) est Zigoto chez les pirates. Mais aucun pirate en vue dans ce court-métrage. Larry Semon joue un plouc (le terme « hillbilly » est employé dans les intertitres des cartons) qui vit dans une modeste maison de bois tenue par une mégère qui martyrise son fiston et lui assigne toutes les corvées du ménage. Le film se déroule dans une contrée reculée de l'Amérique.

Pendant ce temps, Zigoto roupille tranquillement. Jusqu'à ce que son réveil s'enclenche. Pas de sonnerie (puisqu'on est dans un muet) mais une plume qui chatouille le pied de Zigoto. Levé, le visage tout blanc (il est maquillé comme un clown triste dans ses films), il retire son pyjama et son pantalon large apparaît. Il était déjà tout habillé. Il fait tout cela face caméra, lance un clin d’œil au spectateur. Puis, il lance sa pipe en l'air qui finit dans la bouche allumée.

Il est question de poisson. Stan Laurel joue un pécheur malchanceux quand Zigoto parvient à attraper des poissons avec un simple bâton. Il est question d'une chèvre que Zigoto caresse tout en évitant les balles tirées par ses voisins (ce sont eux les bad men du titre), encore plus bouseux que la famille de Zigoto. Mais aucune balle ne l'atteint. Il est question d'ours qui envahissent la maison de Zigoto et celle des voisins sans qu'on leur ait rien demandé. Ces ours occupent une très large partie du film.

Le film est bourré d'effets spéciaux qui sont autant de petits gags. Le voisin irascible et ses fils tirent sur le fiston, la balle dessinée lui atterrit dans les fesses. Quant aux ours qui s'invitent dans le scénario, ils sont filmés en accéléré quand ils poursuivent Zigoto et les autres personnages. Un acteur s'équipe parfois d'une peau de bête parce que c'est plus facile de jouer avec un homme. Stan Laurel et Larry Semon entament une course poursuite pour échapper aux voisins comme aux ours, dans une cheminée, dans la forêt et sur le toit d'une grange.














Zigoto vicomte par amour / Huns and hyphens (Larry Semon, 1918)

Zigoto, en voilà un nom rigolo. L'acteur et réalisateur Larry Semon n'est plus très connu aujourd'hui, mais Lobster avait édité quelques une de ses courts métrages dans des coffrets Laurel et Hardy avant qu'ils ne soient en duo. Huns and hyphens (les boches et les traits-d'union) est titré en français Zigoto vicomte par amour. En effet, Zigoto se fait passer auprès de Vera Bright (Madge Kirby) une jeune femme pour un vicomte, bien habillé, digne et qui lui fait la cour.

Il n'est absolument pas aristocrate comme la scène suivante le démontre. Il file dans une minuscule automobile (enfin, une carriole pour enfants tractée par d'autres voitures grâce à une corde), il rentre dans un restaurant. Tous les serveurs s'approchent, retirent les vêtements de Zigoto qui enfile son tablier et devient lui aussi serveur. Un de ses collègues pose sur sa main un plateau, il ne lui reste plus qu'à aller en salle.

Vicomte ou serveur, Zigoto garde le même regard quand il se change mais s'énerve tout rouge quand un client du restaurant ne se lève pas pour l'hymne national. Faut dire que les traîtres sont légion. Ces traîtres ont prêté allégeance au Kaiser (on est donc dans les derniers mois de la première guerre mondiale) et ces gredins veulent voler les plans élaborés par Vera Bright, elle a construit un masque à gaz.

Parmi tous ces renégats, on trouve le valet de Vera qui alerte ses complices, tout simplement le patron du restaurant, mais aussi tous les autres serveurs et un client qui est interprété par Stan Laurel. Stan fait semblant d'être un simple client, mais il vole des œufs, Zigoto lui donne un coup de pied au cul. Les œufs se cassent et il en sort des poussins aux pieds de Stan. Le comique de Larry Semon est aussi empreint de poésie.

Passé le splastick facile à la mode dans le comique de l'époque (coups de pied, baffes, chutes, envoi d'objets, un serveur qui se déplace à quatre pattes), Larry Semon règle admirablement les entrées et sorties de ses personnages dans la grande scène des portes qui claquent. Pour pimenter le tout, il détruit tout le décor en balançant les traîtres sur les murs qui s'effondrent, telle une métaphore de la fin de l'Empire allemand.