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samedi 9 janvier 2016

Alfred Hitchcock présente, partie 1

Entre La Main au collet (1955) et Psychose (1960), Alfred Hitchcock a présenté les 268 épisodes de la série télé Alfred Hitchcock présente. Chaque épisode durait environ 26 minutes et le cinéaste apparaissait en ouverture, après un générique où l'on reconnaissait son visage rondouillard dessiné en quelques traits. Alfred Hitchcock n'a réalisé que 17 de ces courts-métrages, tous disponibles aujourd'hui en DVD, je ne parlerai dans ce texte que de ces 17 épisodes. Il tourne lui-même le tout premier C'est lui avec Vera Miles son actrice du Faux coupable et Psychose. Les présentations sont simples, il est devant un fond gris, debout, assis ou parfois allongé. Il salue le téléspectateur avec un « Good evening » solennel et débite ses dialogues qui au fil des épisodes deviendront de beaux moments d'humour noir et de sarcasme. Les présentations deviennent de plus en plus sophistiquées. Dans C'est lui, il est en simple gros plan, assis sur un fauteuil et présente normalement l'histoire, toujours axée sur un scénario policier. Dans Accident, il lit un livre d'épouvante avant de faire comme s'il était surpris par la caméra. Il reprendra cette surprise dans De retour à Noël où il peigne une tête réduite. Ou encore dans Le Plongeon où il lit un recueil de ses propres histoires dans un navire à son nom (trois fois Hitchcock donc). Dans certaines apparitions après l'épisode, il rejoue une scène marquante. Dans Le Cas de Monsieur Pelham, il joue son double mis en camisole, la caméra fait un panoramique sur la gauche et Hitchcock « normal » finit le commentaire. Dans Le Crime parfait, il visite l'appartement où Vincent Price met ses trophées criminels.

C'est lui (Revenge) épisode 1, 3 octobre 1955
Accident (Breakdown) épisode 7, 13 novembre 1955
Le Cas de M. Pelham (The Case of Mr. Pelham) épisode 10, 4 décembre 1955
De retour à Noël (Back for Christmas) épisode 23, 4 mars 1956
 
Jour de pluie (Wet Saturday) épisode 40, 30 septembre 1956
Le Secret de M. Blanchard (Mr Blanchard's secret) épisode 52, 23 décembre 1956
Incident de parcours (One more mile to go) épisode 67, 7 avril 1957
 
Crime parfait (The Perfect crime) épisode 81, 20 octobre 1957
L'Inspecteur se met à table (Lamb to the slaughter) épisode 106, 13 avril 1958
Le Plongeon (A dip in the pool) épisode 113, 1er juin 1958
Poison (Poison) épisode 118, 5 octobre 1958

vendredi 18 septembre 2015

Agents très spéciaux Code U.N.C.L.E. (Guy Ritchie, 2015)

A ma très grande surprise, j'ai aimé Agents très spéciaux Code U.N.C.L.E.. Pourtant, je continue de trouver le cinéma de Guy Ritchie très médiocre. Ses films anglais sont immatures et douteux (« on tue plein de gens, mais c'est pas grave, c'est juste du cinéma »), ses Sherlock Holmes ont été immédiatement ringardisés par la série Cumberbatch/Freeman. Guy Ritchie se prenait pour Quentin Tarantino, il est devenu Paul W.S. Anderson, en moins marrant. La plupart de ses films sont aujourd'hui irregardables

Comme ça arrive parfois à Hollywood, l'idée d'adapter la série des années 1960 (et dont je n'ai aucun souvenir) date d'une bonne décennie. Pas mal de cinéastes et d'acteurs ont eu le projet en main pour finalement arriver chez Guy Ritchie (qui n'avait rien fait depuis 4 ans) avec Henry Cavill (gros succès pour son Superman) et Armie Hammer (pas encore remis du bide de Lone Ranger). De là à dire que Agents très spéciaux était un projet maudit, même si le film a un succès très limité au box-office, est un pas que je ne franchis pas.

Ce que j'aime, c'est d'abord le duo d'acteurs. Henry Cavill en Napoleon Solo espion américain, beaux costumes, sourire carnassier, face à Armie Hammer en Illya Kuryakin espion soviétique, col roulé et petite casquette. Deux grands gaillards qui se croient plus finauds que tout le monde mais qui vont se faire manipuler pour mon grand plaisir de spectateur. Leur duo est mieux assorti que celui de Kingsman, pour comparer avec un film d'espionnage récent. Comme il se doit, les dialogues évoquent légèrement la tension sexuelle entre eux.

Ce que j'aime, c'est aussi l'époque, les débuts du mur de Berlin où le film commence avec une poursuite en Trabant, voiture connue pour être l'une des plus lentes du monde. C'est assez ironique. Solo et Illya sont d'abord ennemis, séparés par le rideau de fer, avant d'être forcés d'être partenaires. Pas de gadgets technologiques pour les deux espions. Ils s'en moquent d'ailleurs dans une scène où ils doivent pénétrer dans un entrepôt pour voler une bombe, MacGuffin du film auquel il ne faut pas s'intéresser tant il est un prétexte à l'histoire légère comme tout. Et pourtant, il s'agit d'une bombe atomique.

Ce que j'aime, c'est encore ces deux personnages féminins. L'une est mécanicienne est-allemande (Gaby – Alicia Vikander), l'autre chef de gang italienne (Victoria – Elizabeth Debicki). Gaby est gentille et doit être protégée par les deux grandes asperges. Kuryakin doit jouer son époux, mais il a bien du mal à comprendre son rôle, à ne pas castagner chaque gars devant lui alors qu'il est censé être un photographe. Victoria est la proie de Solo avant d'en devenir son bourreau. Une beauté glaciale typique des films d'espionnage des années 1960.

Ce que j'aime, c'est également les scènes d'action. Trois cas de figure, la course poursuite classique nocturne à Berlin puis diurne à Naples, ne pas oublier de prendre le véhicule le plus maniable pour gagner. Une attaque dans un tunnel compressée en divers split-screens pour augmenter le rythme (l'inverse encore de l'étirement de Kingsman). Un tour en bateau conduit par Kuryakin tandis qu'il est pourchassé par les méchants armés de mitraillette. Solo l'attend tranquillement sur terre en train de manger un sandwich. Je trouve cette ironie rafraîchissante et ces gags décontractés. Mais, qu'est-ce qu'il m'arrive ?

PS : L'affiche française est hideuse. Pourquoi, mais pourquoi ?

lundi 14 septembre 2015

Around the world with Orson Welles (Orson Welles, 1955)


 
En 1955, Orson Welles accepte de tourner une série de courts documentaires (26 minutes chacun) titrée Around the world with Orson Welles. Le cinéaste, qui sortait difficilement de la production de Mr. Arkadin, a sans doute trouvé là le moyen de débusquer des financements pour son projet d'adapter Don Quichotte, tandis que la nouvelle chaîne britannique qui produisait avait un réalisateur prestigieux pour lancer ses programmes. Les six documentaires qui se trouvent sur le premier DVD édité par Carlotta ne se déroulent pas partout dans le monde mais uniquement en Europe. Les deux premiers sont consacrés au Pays Basque (Pays Basque, La Pelote basque), à Vienne (Revisiting Vienna), à Paris (Saint-Germain-des-Près), à Londres (London) et à Madrid (Spain). Le deuxième DVD comprend un documentaire de Christophe Cognet sur l'épisode de Welles consacré à l'affaire Dominici, filmé peu après le procès du paysan des Basses-Alpes (l'ancien nom des Alpes de Haute Provence). Dans chaque épisode, Orson Welles apparaît dans son beau costume noir avec un nœud papillon et un chapeau, souvent avec une petite caméra portable.

Dans Pays Basque, il s'intéresse d'abord aux coutumes locales (la pêche aux pigeons, à la langue, à la frontière qui sépare les deux régions) avant d'interviewer un berger qui a vécu des années au Colorado puis une Américaine installée là. On apprend que les USA avait fait venir de nombreux basques car ce sont d'excellents bergers. Dans La Pelote basque, il s'intéresse à ce sport local symbole de leur particularisme, un ado de 11 ans lui apprend les règles du jeu. Dans Revisiting Vienna, après avoir célébré les lieux de tournage du Troisième homme, il va dans la boulangerie Demel où il cause des différentes pâtisseries qui sont, selon lui, les meilleures du monde. Dans Saint-Germain-des-Près, il interviewe un excentrique artiste américain puis filme quelques vedettes (Jean Cocteau, Eddie Constantine, Juliette Gréco), mais sans les interviewer. Dans London, il rencontre cinq veuves puis trois soldats à la retraite qui parlent de leur retraite. Enfin dans Spain, il filme une corrida, d'abord ses coulisses puis son action, tout en commentant, en expert, les règles.

La série s'avère relativement décevante tant les questions que pose le cinéaste aux gens qu'ils rencontrent sont insipides. Il est toujours d'accord avec ses interlocuteurs, les flatte parfois et n'approfondit jamais le sujet, sauf pour la pelote basque et les pâtisseries. Quand les personnes ont des choses à dire (les soldats de Londres), il les laisse parler sans intervenir à l'image, mais parfois, notamment au Pays Basque, il recrée les entretiens. En champ, on voit les gens s'exprimer dans des courtes phrases puis en contrechamp, Orson Welles commenter puis poser une autre question à laquelle la réponse sera toujours aussi brève. Ces contrechamps semblent tous avoir été recréés ultérieurement (le son, le cadre et la lumière différents en attestent). Welles et son équipe devaient filmer avec une seule caméra pour plus de facilité. Cela donne parfois une impression de fausseté un peu gênante. Cependant, il est intéressant de voir que Welles s'intéressait à des personnes en marge, comme lui-même l'a souvent était. On est loin, à part pour Vienne et Paris, des clichés touristiques.







mardi 18 août 2015

Wet Hot American Summer: Firt day of camp (David Wain, 2015)

C'était un film en 2001 (inconnu chez nous, très populaire aux USA), c'est une série aujourd'hui diffusée sur Netflix en 8 épisodes de 30 minutes. Wet Hot American Summer suit la première journée d'une colonie de vacances au beau milieu des Etats-Unis, le Camp Firewood. Les animateurs et les adolescents se rencontrent pour la première, certains se retrouvent d'une année sur l'autre. La première idée de la série est de faire jouer certains ados par des acteurs adultes. C'était déjà le cas dans le film, mais l'effet est encore plus étonnant avec quinze de plus. Bradley Cooper est ainsi un ado qui va découvrir son homosexualité, Joe Lo Truglio joue le puceau, Michael Showalter (le créateur de la série) se transforme en rebelle pour conquérir son flirt de l'année précédente, Amy Poehler est une ado de 16 ans délurée, Paul Rudd est le séducteur, etc. Le décalage entre leur aspect physique de quadragénaire et leur action est le moteur du comique. D'autant que le scénario se plaît à les faire jouer des stéréotypes d'ados tels qu'on les voyait dans les teen-movies. Le second volet comique de Wet Hot American Summer est le non-sens constant des situations. Au milieu du camp, le gouvernement jette des déchets toxiques. Le directeur se transforme en boite de conserve. Christopher Meloni, le cuisinier de la colonie, est un ancien membre du SWAT. Ronald Reagan en personne vient dans le camps. Chris Pine est un ancien rocker en panne d'inspiration. Elizabeth Banks est une journaliste de rock qui vient faire un article sur les ados. Comme l'an dernier avec The Spoils of Babylon, les acteurs doivent jouer avec le plus grand sérieux des choses complètement stupides. On pense aussi beaucoup à Psycho Beach Party de Robert Lee King (2000) qui jouait sur les mêmes décalages parodiques. La série gagne en effets comiques au fur et à mesure et il n'y a pas besoin d'avoir été dans une colonie pour tout comprendre.